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Travail Du travail irrégulier à l'immigration choisie
Ils assurent alors souvent des travaux pénibles et peu qualifiés dans des secteurs tels que les travaux publics, le bâtiment, la restauration ou encore l’agriculture. Ces emplois sont parmi les plus précaires, car les employeurs n’offrent aucune autre garantie que leur parole pour le salaire et la durée de l’activité. Encore moins qu’ailleurs, les conditions de travail peuvent être remises en question. Particulièrement vulnérables et ayant généralement une très faible connaissance du droit du travail, ces travailleurs migrants sont largement exploités. Leurs salaires, souvent inférieurs à la moyenne, ne sont pas soumis au paiement des cotisations sociales. Privés de leurs droits sociaux, leurs conditions de logement et leur état de santé sont en conséquence extrêmement précaires. Cette situation n’évolue pas parce qu’elle est tolérée. L’exploitation des travailleurs étrangers profite principalement à leurs employeurs et ccessoirement à nous tous, consommateurs, si elle parvient à faire baisser certains prix. Elle fausse l’ensemble du marché de l’emploi en tirant vers le bas les salaires des ouvriers les moins qualifiés. Le travail irrégulier a donc un ensemble d’effets pervers : l’injustice faite à des êtres humains soumis à des conditions de vie déplorables et des entorses malsaines aux règles de notre vie en commun. Ils continueront à contribuer à l’activité des pays riches et à faire profiter leur pays d’une partie de leurs gains. C’est un fait durable, car le durcissement des lois destinées à freiner l’immigration n’a que des effets très limités et contribue surtout à aggraver les conditions de vie des sans-papiers. La nouvelle loi sur l’immigration aggrave encore la précarité des étrangers en opposant une immigration « subie », celle des familles ou des demandeurs d’asile, à une immigration « choisie » qui serait celle des migrants qualifiés et « utiles » à l’économie de la France. On ne peut pas limiter la problématique de l’immigration aux seuls besoins de main d’oeuvre. En effet, ce serait limiter la personne à sa seule capacité productive en occultant son besoin et son droit de vivre en famille. Ainsi, les migrants qui ont contribué et qui contribuent toujours au développement économique de la France ne peuvent être assimilés à un produit consommable que nous pourrions jeter à volonté. « L’immigration subie » correspond à l’immigration des familles des personnes ayant constitué la main d’oeuvre qui ont fait la « grandeur » de la France des Trente Glorieuses. L’immigration n’est donc pas subie mais elle est la conséquence d’une immigration précédemment choisie. L’immigration « choisie », réservée à l’élite, n’aura pour conséquence que l’accroissement de la précarité des migrants non qualifiés qui iront de fait grossir les chiffres des travailleurs irréguliers. « Pendant que la loi organise la fuite des cerveaux dans les pays du Sud, elle continue ainsi à tolérer officiellement la précarisation et l’exploitation de milliers de migrants travaillant à notre bienêtre.» |
Témoignage : Monsieur Camara est de nationalité malienne, il est marié et père de trois enfants. Entré irrégulièrement en France en 1990, il est en mesure de prouver qu’il y réside et y travaille depuis 1992 sans discontinuer. Le 23 décembre 1992, il a été recruté en tant que gardien suppléant par les services de l’Etat pour assurer l’entretien du monument de la Conciergerie à Paris, et depuis 1994 il suit assidûment des cours de français dans le cadre de la formation continue auprès du Ministère de la Culture et de la Communication. Les pays connaissant les plus forts taux d’immigration sont aussi les pays les plus prospères – Etats-Unis, Canada, Australie, Afrique du Sud. En Europe, l’Allemagne, la Suisse et le Luxembourg. De 1991 à 1995, pour chaque hausse de 1% de la population d’un pays causée par l’immigration, le produit intérieur brut augmente de 1,25 à 1,5 pour cent (étude réalisée sur 15 pays européens). Source : « Une approche équitable pour les travailleurs migrants dans une économie mondialisée », rapport du BIT, 2004 |






